Premier League - Cinquième acheteur du dernier mercato et avant-dernier : Nottingham Forest, dépenser n'est pas gagner
Eurosport sur GooglePREMIER LEAGUE - Il y a le feu à Forest. Grand animateur du dernier mercato estival avec plus de 150 millions dépensés et 23 joueurs recrutés, Nottingham Forest est en (très) grande difficulté depuis son retour en Premier League. Avec 6 petits points en 11 journées, le double champion d'Europe est déjà dans l'urgence avant de défier Liverpool (samedi, 13h30).
"Grâce à Anfield, Liverpool a montré comment jouer face à City"
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Vingt-trois ans que l'élite du football anglais ne les avait plus revus. Écurie mythique du Royaume, double vainqueur de la Coupe des clubs champions en 1979 et 1980, Nottingham Forest a repointé le bout de son nez en Premier League. Promus au terme d'une formidable aventure en playoffs, les Reds ont décidé de mettre les petits plats dans les grands pour leur retour. Avec un succès minime, absent même, jusqu’à présent.
Grand animateur du dernier marché des transferts avec plus de 150 millions déboursés, et surtout 23 joueurs recrutés, le club des Midlands est avant-dernier en championnat et patauge pour enclencher une réelle dynamique. Une situation ardue qui pourrait encore se compliquer dans les semaines à venir…
Le cliché du "Arles-Avignon à l'anglaise"
Confortés par la gracieuse rémunération des droits TV au Royaume et le patrimoine de leur propriétaire hellène Evangelos Marinakis, les Reds ont mis la main à la poche, comme l'avait annoncé ce dernier après les playoffs d’accession : "Nous devions ramener Nottingham Forest là où était sa place. Mais maintenant, nous en voulons plus. Nous devons donner toutes les chances à l'équipe en amenant de bons joueurs."
Et le Grec n'a pas menti. Si quelques héros de la remontée ont été conservés comme Joe Worrall, Jack Colback ou encore Ryan Yates, c'est une équipe entière qui a débarqué. Avec un mélange de vieux briscards référencés emmenés par Jesse Lingard, Serge Aurier, Cheikhou Kouyaté et Remo Freuler, et de jeunes talents comme Renan Lodi, Neco Williams, ou Morgan Gibbs-White, arrivé du Championship pour près de 30 millions d'euros, hors bonus.
Un scénario qui n'est pas sans rappeler celui qu'avait connu Arles-Avignon lors de sa seule et unique saison en Ligue 1 en 2010-2011, et le recrutement des Pavon, Charisteas et autres Basinas. Pour Pete Sharland d'Eurosport UK, cette démarche boulimique relève de l'hérésie. "Dans le football, il n'y a aucune raison de faire autant de signatures, aucune, estime-t-il. Oui, Forest venait des playoffs, mais ils auraient dû essayer de conserver l'ossature de la montée. C'est de l'arrogance de la part des propriétaires."
Ces achats compulsifs sont toutefois à nuancer pour Sarah Clapson, qui suit le club au quotidien pour le Nottingham Post. "C'était inévitable. Idéalement, Forest aurait aimé pouvoir garder une plus grande partie de l'équipe qui est montée... Mais parmi ceux qui étaient titulaires l'an dernier, cinq étaient prêtés notamment James Garner que le club a esssayé de récupérer à MU. D'autres étaient en fin de contrat, d'autres ont préféré partir comme Brice Samba."
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Morgan Gibbs-White takes a breather
Crédit: Getty Images
Recrutement "clinquant", automatismes absents
Mais le destin de Forest semble bien éloigné de son homologue tricolore, disparu depuis. A des années-lumières, même. Fort de sa pléthore de moyens financiers, d'un effectif XXL de sa riche histoire et d'un entraîneur avec des idées, le promu a des arguments pour se maintenir.
Mais l'accumulation de biens nuit visiblement aux pensionnaires du City Ground. "C'est le principal problème pour le moment : il y a trop de joueurs qu'il faut intégrer, trop de signatures qui n'ont pas fonctionné comme Emmanuel Dennis. Honnêtement, je pense qu'ils voulaient juste faire des signatures 'flashy'...C'est beaucoup trop dur à gérer et ce, pour n'importe quel coach", souffle notre confrère. "Les joueurs apprennent encore à se connaître et essaient de développer des liens sur le terrain", complète Sarah Clapson.
Ce manque d'automatismes est visible à chacune des sorties du club des East Midlands. Avec 23 buts encaissés et 7 buts inscrits, Forest est dans le fond du seau sur le plan statistique. Le promu peine surtout à montrer des séquences construites, fautes d'automatismes et de vécu ensemble. Sans surprise, finalement.
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"Arsenal a fait l'un des meilleurs recrutements d'Europe"
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Navire qui tangue, capitaine conforté
Malgré les remous et les ratés de ce retour, le capitaine du navire tient la barre. Nommé à la tête de l'équipe première en septembre 2021, Steve Cooper continue de bénéficier de la confiance de sa direction. Entraîneur dogmatique, mais pas fermé, le Gallois a les moyens de redresser la barre.
"J'aime beaucoup Cooper en tant que manager, je pense qu'il est intelligent et qu'il a de bonnes idées. Il est similaire à Graham Potter pour moi. Je pense que c'est la bonne personne et Forest doit le garder coûte que coûte", ajoute Pete Sharland.
Récemment prolongé, Cooper est l'homme de la situation pour Sarah Clapson. "Il est vraiment très, très apprécié et peut aider à amener une certaine stabilité. Il s'est révélé être un excellent manager, il entretient d'excellentes relations avec les joueurs et les supporters, et par le passé, il a été très bon tactiquement. Il a déjà montré qu'il pouvait construire des équipes, mais sous les projecteurs de la Premier League, c'est loin d'être simple..."
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Steve Cooper, entraîneur de Nottingham Forest depuis septembre 2021, lors de la rencontre les Reds et Everton en août 2022.
Crédit: Eurosport
Le temps, mais jusqu'à quand ?
Cooper conforté, le président Marinakis a fait le ménage dans les bureaux en évinçant le directeur du recrutement George Syrianos et le chef de la cellule scouting Andy Scott ces derniers jours. Mais alors, que faire ? Qui blâmer ? A Nottingham, on croit à la valeur du temps. Suffisant ?
Et si le besoin de points se fait pressant sur le pré, les suiveurs des Tricky Trees font preuve d'une sacrée patience jusqu'à présent, alors qu'ils se font entendre en tribune à chaque sortie des leurs. "L'ambiance semble glaciale au club en ce moment, les fans ne semblent pas du tout satisfaits du propriétaire et de la manière dont les choses se passent actuellement", complète Pete Sharland. Pas de quoi pour autant tirer sur l'ambulance pour la journaliste du Nottingham Post. "Ce n'est pas une équipe qui a baissé les bras. Les résultats sont décevants, mais les joueurs et le coach ont la conviction sincère de progresser."
Le navire Nottingham Forest est encore loin d'être largué, mais les repères et surtout les points sont plus que nécessaires afin d'éviter une descente qui ressemblerait en tous points à une immense catastrophe industrielle. Et le triptyque avant la Coupe du monde n'a pas de quoi rassurer avec Liverpool ce samedi, Arsenal puis Tottenham au programme. Mais Forest a pris l'habitude de renverser des montagnes depuis sa création, alors qui sait…
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